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	<title>Génération Y</title>
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		<title>Pas avec nos enfants !</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jun 2013 14:06:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Génération Y]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a à peine trois semaines nous étions plusieurs activistes cubains en visite à Stockholm pour participer au Forum Internet Freedom. Les  meilleurs moments de notre séjour là-bas n’ont pas seulement été les sessions des rencontres technologiques, mais aussi les activités parallèles en marge du programme. Particulièrement intéressante a été la visite de l’ONG [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img alt="jmcturk" src="http://farm6.staticflickr.com/5537/9052050409_89748e2369.jpg" width="400" height="267" /></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a à peine trois semaines nous étions plusieurs activistes cubains en visite à Stockholm pour participer au Forum Internet Freedom. Les  meilleurs moments de notre séjour là-bas n’ont pas seulement été les sessions des rencontres technologiques, mais aussi les activités parallèles en marge du programme. Particulièrement intéressante a été la visite de l’ONG ECPAT qui se focalise sur le combat contre la pornographie, la prostitution et le trafic d’enfants. Comme souvent, la présentation de ses travaux nous a conduits à nous interroger également sur l’occurrence de faits aussi condamnables dans le contexte cubain. La première chose qui nous a sauté aux yeux est l’absence sur cette île d’une entité ou ONG dédiée à ce sujet. Tout au moins autant que nous sachions, même si cela ne fait pas de doute, lors de l’Examen Périodique Universel de l’ONU, aucun groupe officiel ne s’est revendiqué défenseur des victimes des prédateurs sexuels.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le mur du Malecon pouvait parler…il nous raconterait l’histoire de tous ces jeunes entre 16 et 18 ans qui offrent leur corps aux touristes pour quelques dollars. Bien que certains soient encore plus jeunes dans le commerce de la chair, c’est dans cette tranche d’âge que l’absence de protection judiciaire est totale car la loi en vigueur à Cuba les considère comme adultes. Ils restent ainsi en marge de toute statistique et des programmes de prévention et de protection que proposent en réponse les organismes internationaux comme l’UNICEF. Les cas d’adolescents violentés sexuellement par leur beau-père, leur frère aîné ou un parent proche abondent dans les villages cubains. Une fille de douze, treize ou quatorze ans, enceinte d’un adulte, est considérée comme quelque chose de normal, particulièrement dans les zones rurales du pays. Sans parler des relations charnelles entre professeurs et élèves de première et terminale qui font désormais partie de la norme de notre existence.</p>
<p style="text-align: justify;">Récemment le canadien  Jaime McTurk a été condamné à Toronto pour divers délits sexuels envers des enfants cubains, dont certains âgés de trois ans. L’histoire n’a pas été relatée dans les media nationaux même si le prédateur a été présent à 31 reprises dans notre pays entre2009 et 2012. Il n’est donc pas crédible que des autorités migratoires, aussi habiles à détecter si un cubain peut entrer ou non dans son propre pays et des officiers de douane entraînés à repérer un ordinateur ou un téléphone portables dans une valise, ne se soient pas rendu compte que quelque chose n’allait pas avec ce monsieur. Triste également que ceci étant un des maux qui minent notre société, on ne permette même pas aux parents inquiets de former un groupe de dénonciation citoyenne contre les pédophiles et d’apporter aussi un appui solidaire aux victimes de ces criminels. Parmi tous les sujets sociaux qu’aborde la société civile naissante de cette île, comme la dualité monétaire, les bas salaires, la nécessité de réformes politiques et partisanes, il est aussi urgent que nous nous saisissions aussi d’un problème aussi sensible. « Pas avec nos enfants ! » faut-il dire à tous ces prédateurs étrangers et nationaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduit par Jean-Claude Marouby</p>
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		<title>Libres à La Havane,Gandalf et Elton John</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Jun 2013 09:18:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Londres est à La Havane. Pendant cette semaine de la culture britannique que le pays célèbre depuis le premier juin, même le climat s’est mis en phase avec celui de cette île lointaine. Ciel gris, bruine tenace, brume au lever du soleil. Il ne manque plus que  la silhouette de Sherlock Holmes apparaissant furtivement au [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="UK_Cuba" src="http://farm4.staticflickr.com/3759/8962409223_c620752244.jpg" width="440" height="450" /></p>
<p>Londres est à La Havane. Pendant cette semaine de la culture britannique que le pays célèbre depuis le premier juin, même le climat s’est mis en phase avec celui de cette île lointaine. Ciel gris, bruine tenace, brume au lever du soleil. Il ne manque plus que  la silhouette de Sherlock Holmes apparaissant furtivement au coin de la rue ou le magicien qui frapperait à la porte avec son bâton. Nous avons de la musique de qualité et une affiche inhabituelle dans les salles de cinéma. Depuis mardi dernier le programme de projection comprend le documentaire « Sugarman » -lauréat de l’oscar 2013- et aussi le film biographique « Marley » sur la vie du fameux chanteur et compositeur de reggae. La sélection de dessins animés pour enfants et adolescents, va probablement attirer un large public en cette période de vacances scolaires.</p>
<p>J’ai pu apprécier une partie de la programmation, pas seulement pour moi mais en pensant à beaucoup d’autres également. Particulièrement à ces jeunes cubains qui il y a trente ou quarante ans écoutaient en cachette un groupe anglais, celui qu’aujourd’hui les media officiels diffusent partout. Les couleurs vives et le dessin de l’affiche de cette « semaine britannique » m’ont rappelé l’iconographie du chapelier fou « d’Alice au pays des Merveilles » et aussi les aventures sympathiques du « Sous-marin Jaune ». C’est pourquoi nous sommes plusieurs à y avoir vu un hommage à ces « Beatles-maniaques » alors fustigés. Le plus réconfortant de ces journées reste cependant cette petite fenêtre ouverte sur l’étranger qu’elles sont devenues et le souffle d’air frais qu’elles nous apportent. Ce cadeau que représente le sentiment que la culture fait paraître l’Atlantique moins large, les années passées plus courtes et ce qui est perdu récupérable.</p>
<p>Traduction Jean-Claude Marouby</p>
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		<title>Le retour</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jun 2013 14:07:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Génération Y]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img title="la-maleta-de-viaje-de-yoani-sanchez1-450x600" alt="la-maleta-de-viaje-de-yoani-sanchez1-450x600" src="http://www.desdecuba.com/generationy/wp-content/uploads/2013/06/la-maleta-de-viaje-de-yoani-sanchez1-450x600.jpg" width="450" height="600" /></p>
<p style="text-align: justify;">La valise déposée au coin d’une rue, les petits cadeaux qui ont voyagé à l’intérieur, déjà entre les mains des amis et des parents. Les anecdotes, pour leur part, prendront plus de temps, car elles sont si nombreuses que je pourrais passer le reste de ma vie à en éplucher les détails. Je suis déjà de retour. En arrivant j’ai commencé à sentir les particularités d’un Cuba qui en trois mois d’absence a à peine changé. Le nombre des uniformes est la première chose qui m’a sauté aux yeux : ceux des militaires, des douaniers, de la police…Pourquoi voit-on autant de personnes en uniforme et rien d’autre en arrivant à l’aéroport José Marti ? Pourquoi cette impression de peu de civils et beaucoup de soldats ? Après le faible éclairage des salons, l’interrogatoire, sans aucune amabilité, d’une soi-disant doctoresse intéressée de savoir si j’ai été en Afrique. D’où viens-tu déjà ? me lance-t-elle au visage sans même voir mon passeport bleu avec l’écusson de la république sur la couverture.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’extérieur un groupe de collègues et amis qui m’attendent. L’étreinte de mon fils, la plus désirée. Ensuite il m’a fallu me retrouver dans mon espace et dans le temps singulier qui s’écoule ici. Me mettre à jour des histoires, des événements du quartier, de la ville et du pays. Je suis déjà de retour. Avec une énergie que les embuches quotidiennes vont essayer de saper, mais dont il me restera toujours quelque chose pour entreprendre de nouveaux projets. Une étape de ma vie se termine ; une autre se profile. J’ai vu la solidarité, je l’ai touchée et j’ai aussi maintenant le devoir de dire à mes compatriotes dans l’île que nous ne sommes pas seuls. Je rapporte tellement de beaux souvenirs : la mer à Lima, Le Templo Mayor à Mexico, la Tour de la Liberté à Miami, la beauté de Rio de Janeiro, l’affection de tellement d’amis en Italie, Madrid avec son musée du Prado et sa place de Cibeles, Amsterdam et les canaux qui la traversent, Stockholm et les cyber-activistes du monde entier que j’ai connus là-bas, Berlin et ces graffitis qui recouvrent ce qui fut autrefois le mur qui a divisé l’Allemagne, Oslo entourée de verdure, New York qui ne dort jamais, Genève avec ses diplomates et le siège de l’ONU, Gdansk chargée d’histoire récente et Prague la belle, l’unique. Tous ces lieux, avec leurs lumières et leurs ombres, leurs graves problèmes et leurs moments de calme et de rires, je les ai rapportés avec moi à La Havane.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis déjà de retour et je ne suis plus la même personne. Quelque chose de chaque lieu où je suis passée est resté en moi ; les étreintes et les paroles d’encouragement que j’ai reçues sont également ici aujourd’hui avec moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduction : Jean-Claude Marouby</p>
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		<title>Universels</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2013 13:04:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Génération Y]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Quelqu’un assis à la table de derrière parle en Français, tandis que sur les chaises du côté deux brésiliennes devisent entre elles. A quelques pas de là, des activistes de Biélorussie échangent avec des Espagnols également venus au Forum Internet de Stockholm. Un événement qui depuis le 21 mai dernier réunit dans la capitale [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="sif2013.png" src="webkit-fake-url://CFEA0888-A444-434C-B1E5-BA571ECA2CAD/sif2013.png" /></p>
<p style="text-align: justify;">Quelqu’un assis à la table de derrière parle en Français, tandis que sur les chaises du côté deux brésiliennes devisent entre elles. A quelques pas de là, des activistes de Biélorussie échangent avec des Espagnols également venus au Forum Internet de Stockholm. Un événement qui depuis le 21 mai dernier réunit dans la capitale suédoise des personnes qui s’intéressent aux outils numériques, aux réseaux sociaux et au cyberspace. Une véritable tour de Babel dans laquelle nous communiquons dans le langage clair de la technologie. Le village global et virtuel, contenu pour quelques jours dans une ancienne usine au bord de la mer. Et au milieu de ces allées et venues d’analyses et d’anecdotes, six Cubains bien disposés à raconter aussi leur travail de cyber-activistes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est sans doute l’étape de mon long voyage dont j’ai le plus profité, non parce que les autres n’ont pas été riches de beaux souvenirs et de beaucoup d’affection, mais parce que j’ai rencontré ici plusieurs collègues de l’île. Une partie des gens qui dans notre pays font appel aux nouvelles technologies, pour raconter ou essayer de changer la réalité, se sont donné rendez-vous ici. La jeune avocate Laritza Diversent, le directeur de « Estado de SATS » Antonio Rodiles, la subtile blogueuse Miriam Celaya, l’informaticien Eliecer Avila. Pendant une journée nous avons aussi été accompagnés par le reporter indépendant Roberto Guerra. Si bien que Stockholm a un peu ressemblé à Cuba et pas précisément par son climat.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus le Forum Internet nous a permis de nous sentir citoyens du monde, d’échanger des expériences avec ceux qui vivent des expériences différentes mais sur le fond étonnamment semblables. Il suffit de parler un moment avec un autre invité ou d’écouter une conférence pour se rendre compte que dans chaque parole prononcée, on retrouve l’éternelle recherche humaine du savoir, de l’information… de la liberté. Exprimée en l’occurrence à travers les circuits, les écrans et les kilobits. Ce rendez-vous nous a laissés avec le sentiment que nous sommes universels et que les technologies nous ont transformés en persones capables de transcender notre espace et notre temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduction Jean-Claude Marouby</p>
<p><img alt="like_webb.png" src="webkit-fake-url://FC602ED4-5DC1-409B-AD1F-1B3AFAB53BDC/like_webb.png" /></p>
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		<title>Trois paramètres et un logement</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 16:21:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Génération Y]]></category>

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		<description><![CDATA[Rajouter des zéros à droite paraît être le sport préféré de ceux qui donnent un prix aux maisons qui se vendent aujourd’hui à Cuba. Marché captif au final ; l’acheteur rencontrera beaucoup de surprises dans la large gamme des catégories. Depuis les propriétaires qui demandent pour leur bien des sommes astronomiques sans rapport avec la réalité [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="se_vende1.jpg" src="webkit-fake-url://84338565-8E6F-4CE1-BEC0-902DD0BF7E3D/se_vende1.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;">Rajouter des zéros à droite paraît être le sport préféré de ceux qui donnent un prix aux maisons qui se vendent aujourd’hui à Cuba. Marché captif au final ; l’acheteur rencontrera beaucoup de surprises dans la large gamme des catégories. Depuis les propriétaires qui demandent pour leur bien des sommes astronomiques sans rapport avec la réalité de la demande, jusqu&#8217;à de véritables aubaines pour lesquelles la candeur du vendeur fait peine à voir. Beaucoup de gens pressés de vendre, d’autres suffisamment aux aguets pour se rendre compte que c’est le moment d’acheter un logement sur l’île. C’est un pari sur l’avenir ; si ça se passe mal ils perdront tout ou presque, mais si ça réussit ils seront positionnés d’avance pour les lendemains. Les plus lents se hâtent, et les plus rapides courent à la vitesse de la lumière. C’est le moment de se dépêcher, la fin d’une ère approche…assurent les plus avertis.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est surprenant de voir comment, sans aucune notion de l’immobilier, les Cubains se lancent dans le commerce des mètres carrés. Ils décrivent leurs surfaces, la plupart du temps avec une surabondance de qualificatifs qui font rêver ou qui inquiètent. Ainsi quand on lit « Appartement une pièce dans quartier central de La Havane avec chambre en étage intermédiaire » il faut comprendre « chambre dans immeuble du centre de La Havane avec plancher en mezzanine ». Si l’on parle de jardin il est préférable d’imaginer un parterre et des plantes à l’entrée ; il arrive que des appartements de cinq chambres se réduisent après une visite à deux pièces cloisonnées avec des parois de carton. On doit accorder la même méfiance aux annonces immobilières que celle que l’on réserve à ces photos de personnes fringantes et jeunes, à la recherche de l’âme sœur sur les réseaux sociaux. Pourtant parmi tous ces excès on trouve aussi de véritables perles.</p>
<p style="text-align: justify;">Actuellement les paramètres qui entrent en jeu dans la détermination du coût final d’un logement sont au nombre de trois : la situation, l’état du bâtiment et le « pedigree ». Le quartier joue beaucoup sur la valeur finale de l’immeuble. A La Havane les zones les plus recherchées sont Le Vedado, Miramar, Le Centre de La Havane, Vibora et Cerro pour leur caractère central. Les moins recherchées sont Alamar, Coroneta, Reparto Electrico, San Miguel del Padron et La Lisa. Le mauvais état des transports publics est tel que les gens préfèrent des maisons proches des zones de plus grand attrait commercial et offrant de larges espaces récréatifs. La proximité d’un marché agricole fait monter les prix, celle du Malecon également. On fuit la périphérie, bien que parmi les « nouveaux riches » qui ont amassé –légalement ou illégalement- un peu plus de capital on voit s’amorcer la tendance à rechercher une propriété en dehors de la ville. Il est pourtant prématuré de parler d’une tendance à s’éloigner vers des zones vertes et moins polluées. Pour le moment la prémisse de base se réduit à « plus près du centre, mieux c’est ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’état de la construction est un autre élément qui définit quel sera le coût d’un logement. Si le toit est en tuiles sur solives la valeur baisse, alors que les constructions des décennies 40 et 50 du siècle dernier jouissent d’une bonne réputation et d’un grand attrait. Les moins valorisées sont les dites réalisations dites « de micro-brigades » avec leurs affreux bâtiments de béton et leurs petits appartements style Europe de l’Est. La couverture si elle est légère –tuiles, zinc, bois, papier de toiture- oblige le vendeur à se contenter de moins. L’état des sanitaires et de la cuisine est l’autre point qui influe directement sur les possibilités de vente de l’immeuble. La qualité des étages, le fait que les fenêtres soient grillagées et la porte neuve –en verre et métal- sont des points positifs. S’il n’y a pas de voisins au-dessus, alors le propriétaire peut se permettre de demander plus. Sont aussi très valorisées les maisons à double entrée, pensées pour une famille nombreuse qui cherche à se diviser et trouver de l’indépendance. Tout est pris en compte, tout a une valeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’ici le marché immobilier est semblable à n’importe quel autre dans le monde. Il y a pourtant un élément qui définit de manière très particulière la valeur des logements en vente. Il s’agit de leur « pedigree ». Ce terme fait référence au fait que la maison ait appartenu à une même famille depuis toujours, ou qu’elle ait été confisquée à l’occasion d’une des vagues d’expropriation qu’a connues Cuba. Si le propriétaire est parti pendant la crise des « Balseros » en 1994 et si l’Etat en a transféré la propriété à quelqu’un d’autre, alors le prix baisse. Il peut aussi arriver que ceci se soit passé pendant les départs du Mariel en 1980, période pendant laquelle la propriété en a été donnée à d’autres suite à l’émigration de ceux qui l’habitaient jusque là. Mais là où les prix touchent le fond, c’est sur les immeubles confisqués entre 1959 et 1963, à l’occasion des grands départs en exil. Peu nombreux sont ceux qui veulent se créer des problèmes en acquérant un bien qui pourrait ensuite se trouver en litige. Certains profitent cependant de cette situation pour acheter à des prix  d’adjudication, de véritables hôtels particuliers dans les quartiers les plus centraux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour pouvoir apprécier tant la situation, l’état de la construction, que le passé légal du logement, les acheteurs potentiels font appel à leur propre expérience, à un bon architecte et même à un avocat qui va fouiller dans les détails de la propriété. Chaque élément ajoutera ou retirera un chiffre, un zéro ou une centaine au prix total qu’ils seront prêts à payer. Dans un marché captif tout est possible, et pourtant tout se passe comme si les connaissances en matière immobilière étaient seulement endormies, tombées en léthargie et ressortaient maintenant en force de façon surprenante.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduit par Jean-Claude Marouby</p>
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		<title>Les enfants de la parabole</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 13:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Génération Y]]></category>

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		<description><![CDATA[                                                                                                              [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="anetan_parabolica.jpg" src="webkit-fake-url://4AD9BB2B-B5D3-4548-AFED-434BF9023FFE/anetan_parabolica.jpg" /></p>
<p style="text-align: right;">                                                                                                                      A l&#8217;occasion de la journée mondiale des télécommunications et de la          Société de l&#8217;Information</p>
<p style="text-align: justify;">Ils sont pareils à tous les autres : petits, turbulents, prêts à s’amuser et à plaisanter comme tous les enfants. Mais au-delà de ça, quelque chose les distingue du quartier qu’ils habitent ou de la famille dans laquelle ils vivent. Ils appartiennent à une génération qui échappe à l’endoctrinement des medias officiels, car elle s’est réfugiée dans la programmation télévisuelle illégale. Ce sont les “enfants de la parabole”, les clients directs de l’offre de ces antennes paraboliques qui se développent à mesure qu’elles font l’objet de poursuites. Quand à l’école la maîtresse leur demande s’ils ont regardé le journal télévisé de la veille, ils sont de ceux qui regardent le plafond et inventent une réponse. Mais quand ils discutent entre eux ils savent tous le nom du présentateur de mode dans « La Florida » ou de la gagnante du dernier concours de « Notre Beauté Latina ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’existe pas d’étude précise sur le nombre de personne dans l’île qui accèderaient à ces chaînes interdites. Il est donc difficile de le calculer car c’est un sujet dont on parle peu en public, de crainte des confiscations et des amendes ; mais aussi parce qu’il suffit qu’une famille possède une de ces antennes paraboliques pour que le signal transite par câble vers une dizaine, une vingtaine voire une cinquantaine de logements voisins. Les plus osés ont même installé l’antenne dans la rue en faisant semblant d’effectuer une réparation autorisée sur une tubulure cassée. Le propriétaire principal de l’instrument objet de poursuites est celui qui décide de la programmation que verront ensuite tous les abonnés sur leurs écrans respectifs. Le prix mensuel tourne autour de 10 dollars bien que certains aient accès au service gratuitement, en particulier les délateurs du quartier dont on achète ainsi le silence.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, plus que les détails techniques sur la façon dont se commet une telle illégalité, c’est le phénomène sociologique qu’elle génère qui est intéressant. Beaucoup de cubains des jeunes générations, particulièrement dans la capitale, regardent peu la télévision nationale. Ils échappent à la dose d’idéologie que celle-ci transporte et ils lui ont substitué une gamme plus frivole mais moins politisée. Parmi ces téléspectateurs il y a beaucoup d’enfants sur lesquels l’effet des slogans et des campagnes officielles est en chute libre. Ce sont les enfants de la parabole, allaités à la mamelle de l’illicite et habitués à l’autre versant de l’information, ou de la désinformation. Ils ont grandi avec la télécommande entre les mains et ils accèdent chaque jour d’un simple clic à l’interdit.</p>
<p style="text-align: justify;">PS : « Cela n’a pas de sens d’interdire » la circulation des informations, « c’est presque une chimère impossible » parce que les gens « les connaissent ». « Aujourd’hui toutes les nouvelles, celles qui sont bonnes et celles qui sont mauvaises, celles qui sont manipulées et celles qui sont vraies, celles qui le sont à moitié, circulent sur les réseaux, arrivent chez les personnes, les gens les connaissent et le pire serait le silence » aurait selon un reportage télévisé, assuré Miguel Diaz-Carmel, premier vice président de Cuba dans une conférence d’éducateurs il y a quelques jours.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduction : Jean-Claude Marouby</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>De la cuvette au lave-linge</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 17:45:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On entend de loin les coups boum, boum… boum. Le bras se lève en tenant un gros bâton lisse, avant de retomber avec force sur le drap tordu. La mousse de savon jaillit à chaque coup et de la toile sort une eau blanchâtre qui se mêle à celle du ruisseau. Il est très tôt ; [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">On entend de loin les coups boum, boum… boum. Le bras se lève en tenant un gros bâton lisse, avant de retomber avec force sur le drap tordu. La mousse de savon jaillit à chaque coup et de la toile sort une eau blanchâtre qui se mêle à celle du ruisseau. Il est très tôt ; le soleil est à peine levé et déjà les cordes à linge attendent le linge humide qui devra être sec en fin de matinée. La femme est épuisée. Depuis son adolescence elle lave ainsi ses vêtements et ceux de sa famille. Comment pourrait-elle faire autrement ? Dans ce petit village perdu des montagnes de l’est, toutes ses voisines font la même chose. Parfois dans son sommeil, son corps s’agite nerveusement dans le lit et amorce le mouvement répétitif : levée…descente…boum…boum…boum.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces derniers temps, lorsqu’on évoque l’émancipation féminine à Cuba on essaie de nous persuader qu’elle est achevée, en nous montrant le nombre de femmes au Parlement. On indique également, dans les journaux les plus officiels, combien ont réussi à grimper dans la hiérarchie administrative, à diriger une institution, un centre de recherche ou une entreprise. Cependant il est dit peu de choses sur les sacrifices qu’elles endurent pour concilier ces fonctions avec la charge des tâches domestiques et la précarité matérielle. Il suffit de voir le visage des plus de quarante ans pour constater ce rictus des lèvres baissées, commun à tant de femmes cubaines. C’est la marque que laisse un quotidien dans lequel une grande partie du temps doit être consacré à des tâches accablantes et répétitives. Parmi lesquelles le lavage du linge, que beaucoup de compatriotes font, au moins deux fois par semaine, à la main et dans des conditions très difficiles. Certaines ne disposent même pas de l’eau courante à la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut pas parler d’émancipation féminine dans un pays où le prix d’une machine à laver représente le salaire d’une année de travail. Des milliers de femmes passent beaucoup d’heures de leur vie face à la cuvette et à la brosse, ou devant la lessiveuse, pleine des langes du bébé, qui bouillonne sur le feu de bois. La situation est plus difficile si on s’éloigne de la capitale, et que l’on regarde les mains de ces femmes qui maintiennent propres, à la force de leurs doigts, les chemises, les pantalons et même les uniformes militaires des membres de leur famille. Ce sont des mains noueuses, avec des taches blanches laissées par le savon et le détergent dans lesquels elles trempent pendant des heures. Des mains qui démentent les statistiques sur l’émancipation féminine à Cuba et les quotas fabriqués avec lesquels on essaie de nous convaincre du contraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduction Jean-Claude Marouby</p>
<p style="text-align: justify;"><img alt="Lavadora Aurika importada en los años ochenta a Cuba desde la URSS y que todavía muchas familias cubanas conservan... a falta de otra. Foto tomada de: http://museodelanostalgia.blogspot.ch/2009/02/la-infame-lavadora-aurika-80.html" src="http://lageneraciony.com/wp-content/uploads/2013/05/aurika80-225x300.jpg" width="225" height="300" /></p>
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		<title>Du Musée juif au Musée de la Stasi</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 16:46:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Le bâtiment a la forme d’une étoile de David disloquée. Il est gris, avec une façade couverte de zinc et de petites ouvertures qui donnent une sensation de claustrophobie. Le musée n’est pas seulement conçu pour présenter ce qui est exposé sur ses murs et dans ses vitrines ; le musée est tout, chaque espace [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://lageneraciony.com/wp-content/uploads/2013/05/museo_judio.jpg"><img alt="Museo judío en Berlín" src="http://lageneraciony.com/wp-content/uploads/2013/05/museo_judio-300x300.jpg" width="300" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le bâtiment a la forme d’une étoile de David disloquée. Il est gris, avec une façade couverte de zinc et de petites ouvertures qui donnent une sensation de claustrophobie. Le musée n’est pas seulement conçu pour présenter ce qui est exposé sur ses murs et dans ses vitrines ; le musée est tout, chaque espace que l’on peut parcourir et aussi les endroits vides –sans présence humaine- que l’on entrevoit par certaines fentes. Il y a des photos de famille, des livres avec des reliures en lettres d’or, des instruments de médecine et des photos de jeunes en costumes de bain. C’est la vie, la vie des juifs allemands avant l’holocauste. On pourrait s’attendre à voir seulement le témoignage de l’horreur, mais l’aspect le plus dramatique provient de ce que l’on trouve d’abord le témoignage de la vie quotidienne. Les rires captés des années avant la tragédie se révèlent aussi douloureux à regarder que les corps amaigris et les cadavres empilés. Le témoignage des instants de bonheur, rend plus effrayant celui des plaintes et de la douleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir passé un moment dans les couloirs étroits de ce lieu, parmi son architecture déconcertante, je sors et je respire. Je regarde le printemps verdoyant de Berlin et je pense : nous ne devons pas laisser ce passé se reproduire.</p>
<p style="text-align: justify;">Non loin de là se dresse le Musée de la Stasi. Je m’enferme dans ses cellules, dans les pièces servant aux interrogatoires. J’y entre comme un Cubain qui a été détenu dans ce même lieu, où une fenêtre avec vue sur l’extérieur devient un rêve inatteignable. Un cachot était doublé de caoutchouc, les marques des ongles des reclus peuvent encore se voir sur les murs. Pourtant, encore plus sinistres me semblent être les officines où on arrachait –ou simplement fabriquait- une confession aux détenus. Je les connais, je les ai vues. Elles sont une copie de leur contrepartie à Cuba. Elles ont été copiées au détail près par les excellents élèves de la Sécurité de l’Etat RDA, formés au Ministère de l’Intérieur de Cuba. Impersonnelles, avec un siège que le détenu ne pouvait pas bouger parce qu’il était fixé au sol et un soi-disant rideau derrière lequel étaient cachés le micro ou la caméra pour le filmer. Et les bruits métalliques  permanents provenant du claquement des grilles et des verrous, pour rappeler aux prisonniers là où ils étaient, à la merci de leur geôlier.</p>
<p style="text-align: justify;">Après ça j’ai eu de nouveau besoin de sortir de ces murs et de prendre l’air. Je quitte ce lieu avec la conviction que ce qui pour eux est un musée du passé, nous autres nous le vivons encore aujourd’hui. Un « aujourd’hui » que nous ne pouvons pas nous permettre de voir durer jusqu’à demain.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduit par Jean-Claude Marouby</p>
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		<title>Mon père et Berlin</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 09:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Le grondement d’un train passe à travers la fenêtre. A Berlin il y a toujours le bruit d’un train quelque part. Je me penche à la fenêtre et je découvre une réalité bien différente de celle que mon père avait pu voir en cette année 1984 lorsqu’il était arrivé pour la première fois dans [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><img alt="" src="https://pbs.twimg.com/media/BJkavekCcAAaO8o.jpg:large" width="421" height="421" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le grondement d’un train passe à travers la fenêtre. A Berlin il y a toujours le bruit d’un train quelque part. Je me penche à la fenêtre et je découvre une réalité bien différente de celle que mon père avait pu voir en cette année 1984 lorsqu’il était arrivé pour la première fois dans cette ville. Conducteur de trains, il avait gagné à force d’heures supplémentaires et de beaucoup de travail, un voyage vers le futur. Oui parce que à cette époque la RDA était l’horizon duquel beaucoup de Cubains aspiraient à s’approcher un jour. C’est ainsi qu’à cet homme des locomotives, aux mains pleines de graisse, on avait également donné un bon d’achat pour quelques vêtements avant son départ pour l’Europe. Il avait disposé d’un ensemble veste et pantalon en plus d’une immense valise dans laquelle ma sœur et moi jouions à nous cacher. Il était arrivé en Allemagne de l’Est en plein hiver et avait passé seulement deux semaines en visite guidée, dont l’objectif principal était de démontrer aux heureux bénéficiaires du voyage les avantages de ce modèle. Et mon père était revenu convaincu.</p>
<p style="text-align: justify;">Il était arrivé à l’aéroport du retour avec un sourire jusqu’aux deux oreilles, et un sac à la main. A l’intérieur une paire de chaussures pour chacune de ses filles qui s’avérèrent le meilleur profit tiré de ce voyage. Ca et les souvenirs. Pendant des décennies il nous a raconté son séjour en RDA. En ajoutant chaque fois des détails, jusqu’à le transformer en une quasi légende familiale que nous devions écouter lorsque nous étions réunis pour une quelconque commémoration. A la lumière de l’actualité d’aujourd’hui, l’étonnement de ce machiniste peut se résumer dans le fait qu’à Berlin il avait pu s’asseoir dans une cafeteria et commander quelque chose à boire sans faire la queue, il avait acheté quelques cadeaux pour ses petites sans montrer une carte de rationnement et il avait réussi à prendre une douche chaude dans l’hôtel où il était logé. Toutes ces petites choses l’avaient stupéfié.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, c’est moi qui suis à Berlin. Et je pense à mon père qui ne reconnaitrait pas cette ville et n’arriverait pas à la faire correspondre avec celle qu’il avait visitée en une année très « orwellienne » 1984. Du mur qui la partageait en deux il reste seulement un morceau à caractère de musée, peint par divers artistes ; l’hôtel où il était a probablement été démoli et le nom de la personne qui lui servait d’interprète et le surveillait –pour qu’il ne s’échappe pas vers l’ouest- ne figure pas dans l’annuaire du téléphone. La valise aussi n’existe plus, les chaussures n’ont tenu qu’une année scolaire et les photos rougeâtres qu’il avait prises sur Alexander Platz ont été tellement tripotées qu’elles ne sont plus lisibles. Pourtant je suis sûre qu’à mon retour mon père tentera de m’expliquer Berlin, de me dire comment il était entré dans une boulangerie et comment il avait pu manger un pâté en croute sans présenter la carte de rationnement. Je sourirai et je lui donnerai raison ; il y a des rêves qui après tant d’années ne valent pas la peine d’être brisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Traduit par Jean-Claude Marouby</p>
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		<title>Seigneur Capitole</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 15:31:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yoanisanchez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Le Capitole de La Havane commence à sortir de sa longue période de pénitence. Tel un enfant puni, il a attendu 54 ans pour retrouver sa condition de siège du parlement cubain. Il est passé par tous les stades, il a servi de musée des sciences avec des animaux empaillés –couverts de mites- et [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong> <img alt="" src="http://lageneraciony.com/wp-content/uploads/2013/04/closedcapitol.jpg" /></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Capitole de La Havane commence à sortir de sa longue période de pénitence. Tel un enfant puni, il a attendu 54 ans pour retrouver sa condition de siège du parlement cubain. Il est passé par tous les stades, il a servi de musée des sciences avec des animaux empaillés –couverts de mites- et dans un de ses couloirs on a ouvert le premier local internet public de la capitale. Pendant que les touristes photographiaient l’énorme statue de la République, des milliers de chauves-souris pendaient des hauts plafonds décorés. Elles sommeillaient la tête en bas pendant la journée, mais la nuit elles tournoyaient et laissaient leurs déjections s’accrocher aux murs et aux corniches. Elles s’y sont accumulées pendant des décennies, entre l’indifférence des employés et les moqueries des adolescents qui désignaient les immondices en disant « admirez la merde, partout la merde ». Voilà le monument que je connais depuis l’enfance ; tombé en disgrâce il reste toujours imposant.</p>
<p style="text-align: justify;">Les visiteurs sont toujours captivés par l’histoire du diamant qui indique le kilomètre zéro de la Route Centrale, avec son lot de malédictions et de convoitises. En observant ce colosse néo-classique, ces mêmes voyageurs confirment aussi –ce que nous savons mais que personne ne dit à haute voix- qu’il « ressemble beaucoup au Capitole de Washington ». Cette ressemblance explique une partie du néant politique dont a souffert notre illustre monument. Trop évocateur de cet autre ; cousin germain évident de celui qui est devenu l’emblème de l’ennemi. Mais comme les symboles architecturaux d’une ville ne se décrètent pas, sa coupole structure toujours le visage de la Havane à côté du Malecon et du Morro qui se dresse à l’entrée de la baie. Pour ceux qui arrivent de la province, la photo devant l’escalier majestueux de ce grand palais reste une étape incontournable. De plus sa coupole est la plus représentée sur les peintures, photos, objets artisanaux et autres babioles que quiconque veut rapporter dans son pays pour dire : j’étais à La Havane. Plus on essayait de l’amoindrir, plus il prenait de l’importance. Plus on le stigmatisait, plus son mélange de beauté et de décadence subjuguait. Entre autres raisons parce que dans les décennies postérieures à sa construction –et jusqu’à aujourd’hui- aucune autre construction sur l’île n’a réussi à le dépasser en splendeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Désormais l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire va se réunir là où autrefois se réunissait ce congrès de la République de Cuba, dont les livres d’histoire officiels nous disent tant de mal. J’imagine nos parlementaires, assis dans les hémicycles aux sièges de velours, entourés des vitraux de royale livrée, sous les plafonds finement décorés. Je les vois de plus lever tous la main pour approuver les lois à l’unanimité ou à une très large majorité. Silencieux, dociles, uniformes dans leurs idées politiques, désireux de ne pas contrarier le véritable pouvoir. Et je ne sais quoi penser ; où est la vérité ? S’agit-il de la nouvelle humiliation – le châtiment le plus élaboré- que l’on inflige au Capitole de La Havane ; ou au contraire est-ce sa victoire, le triomphe espéré qu’il attendait depuis plus d’un demi-siècle ?</p>
<p style="text-align: justify;">Traduit par Jean-Claude Marouby </p>
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